C’est notamment le cas de cette mère d’un garçon de 13 ans qui attendait la rentrée avec impatience. Elle pensait que l’interdiction permettrait enfin de poser une limite claire. À l’annonce de la censure, sa déception est immédiate. « C’est bien dommage. Les réseaux sociaux, c’est un fléau pour les enfants, pour les parents », confie-t-elle. Chez elle, limiter les usages numériques provoque régulièrement des tensions. La mère décrit même « la guerre à la maison ». Son fils a seulement le droit d’utiliser WhatsApp. Pourtant, elle a découvert que la messagerie comporte aussi des chaînes et des fonctionnalités sociales.
« Je suis un peu dému
« J’aurai fait ma propre loi à la maison »
Une situation qui ne semble pas être un cas isolé. Anissa, mère d’un garçon de 10 ans, comptait elle aussi sur le texte. Cette interdiction la « rassurait très fortement », confie-t-elle à nos confrères. Les amis de son fils fréquentent déjà les réseaux sociaux, ce qui accentue la pression sur les familles. Pour autant, la décision du Conseil constitutionnel ne changera pas ses propres règles. « Loi ou pas loi, j’aurais fait ma propre loi à la maison », affirme-t-elle. Selon cette mère, « un enfant de moins de 15 ans n’a pas à avoir accès à ce genre de réseaux ». La situation se révèle plus complexe pour la mère de Léna, 14 ans. L’adolescente utilise plusieurs plateformes, dont Snapchat et Instagram. Sa mère espérait donc que l’interdiction nationale faciliterait la mise en place de limites.
« J’aimerais qu’ils n’aient pas les réseaux sociaux », explique celle qui pointe surtout le poids du groupe : « On ne peut pas les empêcher de les avoir à leur âge, parce que tous les copains et copines les ont. » Pour ces familles, la censure représente ainsi bien davantage qu’un revers législatif. Elle les renvoie à des négociations quotidiennes parfois épuisantes. Le gouvernement promet désormais un nouveau texte mieux sécurisé juridiquement. Reste à savoir s’il parviendra à concilier protection des mineurs, libertés fondamentales et attentes pressantes des parents.
nie », reconnaît-elle auprès de nos confrères de France Info. Elle s’inquiète notamment du fonctionnement de ces espaces et de leur popularité. « À partir du moment où il y a des followers, je trouve ça inadmissible », ajoute-t-elle. Son témoignage illustre un problème rencontré par de nombreux parents. Interdire seul un réseau utilisé par tout un groupe d’amis peut devenir très compliqué. Une règle nationale aurait ainsi permis à certaines familles de ne plus porter seules la responsabilité du refus.